Affichage des articles dont le libellé est Mona et moi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mona et moi. Afficher tous les articles

dimanche 1 juillet 2012

Mona, Johnny et moi...




Pierre, jeune musicien sans le sou, tombe amoureux de Mona, une caissière sans véritable ambition. L’arrivée de Johnny Valentine, rock star planétaire, va bouleverser leur quotidien.

Part 1 :



Part 2 :


Part 3 :

Pierre vit dans un hangar désaffecté, avec sa guitare, Olivier et Ricky. Ils forment un groupe de rock et tentent de trouver les fonds nécessaires pour décoller. Ca en jète, comme ça ; mais ils n’ont aucune classe. Rien à voir avec le cliché jouissif du rocker habité et impénétrable, toujours sur le fil du rasoir, qui en bave pour hurler à la face du monde ce qui lui donne la force de survivre. Non, ce sont juste trois jeunes rigolos qui passent le temps comme ils le peuvent, entre sexe, drogue, et un peu de musique. Et quelque part, tant mieux. Ras le bol des héros qui, de toute manière, finissent tous par mourir d’une overdose. Grandperret met en scène la banalité, et même pire, l’ersatz du génie. Triste sort, poignante utopie.
Mona. Mona est un ange. Descendue du ciel par hasard, sans prévenir. Elle plane et atterrit dans les bras de Pierre, encore trop humain pour être pleinement conscient du don qui vient de lui être fait. Mona est une présence, une entité étrangement proche du vent qui la guide et l’oriente, toujours insaisissable, toujours imprévisible. Candide et naïve, elle se frotte pour la première fois aux réalités terrestres, de prim’abord séduisantes, puis touche aux émotions ; effrayée par l’animal, excitée par le corps, inquiétée par la décadence, intriguée par le héros. Par Johnny.
Johnny Thunders. L’homme à la peau blanche comme la neige et aux cheveux noirs comme l’ébène. Fragile et terriblement intense, comme en dehors, en dehors des préoccupations qui agitent tout Etre normalement constitué ; mais lui a plus de rock que de sang dans le coeur et laissera une guitare en guise de testament. C’est Pierre et ses potes qui vont devoir recueillir les fonds nécessaires et organiser le prochain concert du charismatique icône, malgré lui adulé aux quatre coins de la planète. Peut-être parce que les extrêmes s’attirent, peut-être parce que Johnny se sent plus proche de Mona que de quiconque d’autre. Il y aurait comme une once de similarité, d’électricité dans l’air. Toujours est-il que le hangar, autrefois modeste hammam de la sympathique médiocrité, se mue aujourd’hui en une sorte de repère, de cocon à l’intérieur duquel seule la transcendance compte.
Transcendance cinématographique. Johnny et Mona décollent, comme prévu. Quoi de plus logique ? Le hangar s’est timidement dérobé à la vue du sable fin, à la vue de la mer donnant sur l’infini. Pour la première fois, Mona est nue. Auparavant partiellement recouverte d’un léger drap ne dévoilant qu’une partie de ses seins, aux côtés de Pierre, mais aujourd’hui sans défense, à la mercie de la moindre désillusion. Auparavant encore craintive, comme entre deux mondes, mais aujourd’hui libérée de toute appréhension aux côtés de Johnny. Entre entités.
De l’autre côté de la frontière, c’est l’asphyxie, douce et lente. Pierre, Olivier et Ricky n’amusent plus personne, pas même ceux qui se trouvent derrière leur petit écran. Les dieux s’en sont allés et rien ne peut plus entraver l’ascension de la médiocrité. La chute est brutale, ce qui n’empêche pas la mise en abîme d’être terriblement audacieuse.
Peu importent les drogues. Ces trois garçons sentent bien ce qui est en train de se produire. La perte de sens, la perte d’ambition, de consistance. Alors Pierre se lève, et marche, mais ne se rend pas compte qu’il tourne en rond. Car dans le train qui l’emmènera certes au-delà du hangar, mais jamais en dehors du cercle qu’il ne dépassera de toute manière jamais, il ne peut se raccrocher qu’au fantasme. Ainsi embrasse-t-il Mona, sur le ponton, dos à la mer. Ainsi joue-t-il à l’équilibriste, sur son monocycle, une trompette à la main. Ainsi ne fait-il que trouver un échappatoire à sa triste condition d’humain, qui l’empêche d’accéder à ses rêves. Avec toujours en fond, comme omniscientes, la voix et les vibrations de Johnny Thunders. "I was born to cry".
"Moi c’que j’aime bien, c’est quand justement tu frôles, quand tu frôles. C’est limite tu vois, t’es au bord du précipice et puis hop, tu te rattrapes. Comme Buster Keaton. C’est être au bord, juste à la limite de tomber, et puis à un moment tu sais que t’as une limite à pas dépasser, et si tu la dépasses tu tombes." Pierre, à propos de Johnny, sous les yeux toujours curieux de Mona. Et lorsque l’ange noir, au milieu d’un concert transcendant, pose les yeux sur la caméra, c’est l’objet cinématographique qui s’envole et touche à la vérité.

J'adore ce film car il représente bien ce qu'était le punk rock en France pour moi dans les 80's. Des rencontres, des expériences, beaucoup de musique et d'abime de soi...
Pas forcément un look étudié mais plutôt un état d'esprit, frondeur, révolté.
Des potes, des copines à qui on ose pas avouer son amour, love kills, une sorte d'errance et de bohème dérisoire qui a pu mettre en danger ou faire disparaître certains êtres chers.
A noter, l'apparition furtive d'Helno, futur chanteur des négresses vertes, en client potentiel de produits... Et puis cette musique de Johnny, intemporelle et immortelle.