jeudi 21 juin 2012

Street punk, la fin du rock, la fin du roll...



Oups ! Gros morceau que de s'attaquer à la trilogie "sacrée" anglaise du punk rock des années 80...
 1981 (je commence par ce que je connais !) le punk rock n'est plus vraiment dans le coup. D'ailleurs, les Pistols et autres rois de la fête sont morts et enterrés, les autres groupes associés au mouvement et qui existent encore, ne revendiquent plus vraiment d'être collés par l'étiquette... La New Wave est passée par là... Bref, l'ambiance est au dégonflage de baudruches !

Entretemps, 10 000 groupes se sont formés, s'infiltrant par l'interstice et on voit naître une nouvelle revendication plus largement baptisée "street punk" pour se différencier des stars du genre et histoire de rappeler que le punk était aussi une forme de révolution sociale...
Bon, c'est maintenant que tout devient compliqué car dans le lot, évidemment comme pour tout, y'a de sacrées merdouilles. Et je ne parle même pas de la confusion des genres entre "Oi" et autres car les cartes sont brouillées... Vu le succès du look skinhead dans les rangs du National Front anglais, cela en rajoute encore au bordel ambiant du punk de base qui voudrait y retrouver ses petits... Les croix gammées commencent à fleurir près des symboles de l'anarchie (Mais pas de façon provo comme au début des Pistols !!!) et on voit même le terme "skunk" (oui comme pour l'herbe) apparaître. Un "mi punk, mi skin" si vous voulez, ne rigolez pas dans le fond, à l'époque je vous assure que c'était sérieux !
Du coup, on assistait à des mélanges de genre pas toujours désirés mais dur à contrôler.

Gloups ! On est loin du punk rock de base très vite là !

Et la musique dans tout ça ? Hummm. Il semble qu'après 1980, être apparenté au rock'n'roll de près ou de loin soit le plus ringard qui soit et on assiste à un rejet total musicalement (un peu comme avec le hardcore aux USA).
Mais bon, niveau sonore, ça dépote dans tous les coins, il n'y a pas grand monde à savoir jouer c'est clair mais tout le monde s'en tape, pas vrai ? Quels références ont ces mecs ? Hummm, pas sur qu'ils citent les Stooges, comme leurs grands frères les Damned, au hasard...
Donc, de la pop, vous n'en trouverez pas non plus (vous plaisantez ou quoi ?) soyez en sûr... Comme si on assistait à un rejet total de tout, même le fun semble avoir disparu... Tout est politisé, chroniqué, bref, on rigole pas tous les jours quand on est punk début 80... a part les grimaces sur les cartes postales et les poses étudiées à la Sid Vicious, y'a pas grand chose pour se marrer, c'est clair que le second degré a disparu !!!!

 Tout devient prétexte à devenir modèle pour un CAP de coiffure, la simplicité n'a plus sa place non plus !

Oui, les médias ont surement leur part de responsabilités là-dedans mais tout de même...

C'est y pas mignon tout ça...
Faudrait vraiment me payer cher pour poser avec un flic !!
Part 1 :

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Je ne me rappelle plus l'ordre exact des trois volumes et je crois que celui-ci est le deuxième (et le plus connu aussi) :

Vérifié dans le bouquin "Décélération punk, Avignon 1977-1982" paru chez Camion Blanc les 3 punks sur la gauche sont des frenchies de passage à Londres : Devil, Richard Derieux, Fred Cellier. Des punks d'Orange, ils se sont retrouvés sur cette pochette, dingue, non ?
Sur celui-ci j'avais bien aimé Channel 3 à l'époque pour ce son un peu différent du reste...
Londres, la Mecque du punk...

 La symbolique est là, le gouvernement veut la peau des punks ! Je pense que celui ci est le meilleur volume, rien que pour la présence d'URBAN DOGS, UK SUBS (normal si Urban dogs y figure, je vous recommande l'unique album de ce groupe d'ailleurs, un mix entre UK SUBS et NY DOLLS !!) ou des VIBRATORS, par contre, il y aussi EXPLOITED, tout ne peut pas être parfait...

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Urban Dogs "Limo Life" 
(Membres de UKS SUBS, VIBRATORS)

Wattie, leader d'EXPLOITED ex skinhead reconverti au punk rock, c'est sûr, il y a gagné, punk est devenu son métier !

Sur ce volume, on peut souligner la présence de BLITZ, THE ADICTS, DEAD KENNEDYS et RED ALERT...

Bon alors quoi, le street punk est il responsable de tous les "punks à chiens" qu'on trouve un peu partout à partir de la fin des 90's ? Y'a t-il eu mélange entre jeunesse perdue dans ses repères, clochardisation massive, toxicomanie rampante malsaine et le mouvement punk ?
C'est sur qu'on peut se poser des questions sur l'esthétique, la quasi uniformisation des dégaines au fil des années, une musique presque sans âme... (normal, vu qu'il ne semble pas y avoir d'âme dans ce qui n'est que la caricature d'un mouvement sincère).


Part 2 :
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 Le paradoxe même du conformisme de la génération street punk : déclamer "punks not dead" alors que tous les symboles en sont le cimetière... Le genre de truc dont on peut remercier Wattie, leader d'Exploited, au sens commun politique pas très clair...

Notez bien que ce film comprend l'apparition de groupes qui n'apparaissent pas sur les compiles originales... (heureusement).
Aujourd'hui, même les punks font du fric sur un nom.

A noter qu'aujourd'hui, on a atteint le sommet et la somme aussi d'ailleurs de toutes ces années clichés punk rock avec des groupes comme les CASUALTIES... Une forme de "revival" du pire des punks des 80's (oui, c'est possible !!)

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Festival nostalgique de Blackpool  en 2011, des groupes des 80's reformés surtout...
Beaucoup de stands de merchandising...
Du look étudié...
Un groupe comme Crass, très vite critique sur la marchandisation du mouvement punk aurait adoré...


Pour finir, je dirais que je ne juge pas tout ça comme nase, ayant largement participé à la chose, mais 30 ans après, que la question ne se pose pas m'interroge, ce cliché ambulant du punk zippé à crête rouge, récupéré de tous les côtés ne semblent pas poser de questions aux jeunes générations...



Dans les 80's, le punk en france c'était aussi ça...

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No Comment !

 L'auteur de ce blog au début des 80's...

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Bon article avec quelques vérités qui font plaisir à lire ! Va y avoir une suite ???

Chris Damned a dit…

Hum non, enfin, j'en sais rien... Y'a tellement de trucs à dire enfouis dans mon cerveau !
Merci pour ton intérêt cela dit !

Chris Damned a dit…

Si t'as un témoignage, n'hésites pas !

Anonyme a dit…

Pathétiques, tristes et ennuyeux ces pseudo punks des années 80. Tout le contraire des punks de 76. Je peux accepter (difficilement) que certains pensent que les Sex Pistols étaient un boys band, mais là non, je ne pardonne rien. On touche le fond du fond, la bêtise crasse du mouvement "Punk's Not Dead" (rien que le nom est ridicule) ne me fait pas vibrer, elle a pour but le néant, à l'inverse du punk qui était un mouvement musical et social destiné à créer, rompre avec la monotonie etc. Les punks de Kings Road en 1986 m'ont fait gerber, des branleurs déguisés pour touristes en mal de sensations, genre Bardot de St Tropez, version 80's. Le néant, le No Future vendu par les médias qui n'avait rien à voir avec la chanson d'origine. Bref, une flatulence qui n'a débouché sur rien, ou presque, si ce n'est une carrière pour The Exploited dans les festivals de Métal. Pas bandant du tout....Et surtout pas punk...

Chris Damned a dit…

Complétement d'accord avec toi, rien de pire que les beaufs punks qui se croient plus malins que les autres... Le pire ayant été cette vision de punks à moustache ou barbe qui ressemblaient au charcutier du coin... Je pense que mon article exprime bien le ressenti de tes propos... et je ne parle m^me pas de ce "supermarché" punk de Blackpool... Consternant ! J'éprouve un peu la même chose avec les tatoueurs / Tatoués d'aujourd'hui... Merci à toi (je ne t'ai pas reconnu...)

Anonyme a dit…

J'ai oublié de signer: Hervé ;-)

Chris Damned a dit…

Mais c'est bien sur !

Anonyme a dit…

mouai , moi je garde de cette periode la notion de solidarité , le fait de vivre ce que l'on pense etre un mouvement a fond ,a mort et cette grosse varieté de styles , et le truc de risquer sa peau au quotidien

Chris Damned a dit…

Vrai, pas de "glamour" là-dedans. La rue était parfois un terrain de jeu dangereux. Personne qui possédait un "look" à l'époque n'a pu y échapper à mon avis. Il fallait défendre son envie de différence à coups de poings et coups de lattes ! Moi j'en retiens de belles aventures humaines, mais question solidarité, c'est autre chose ! C'était souvent "chacun pour soi et sauve qui peut" dans les coups durs... Plus toutes les arnaques entre "potes" pour un skeud ou un blouson... Aujourd'hui... je sais pas ce que tout cela veut dire, quand je vois ces rassemblements de looks et ce merchandising juteux... Il y a une notion perdue, la fin réelle de quelque chose de fort et véridique. Merci pour ton commentaire cher anonyme !

The Brain! a dit…

Pathétiques, tristes et ennuyeux ces pseudo punks des années 80 blah blah blah...Sympa le gars et bien cela dépend d'ou tu vis pour moi le punk 77... Hé bien c'était une bande de toxicos qui se cachetonnés la tête et qui couraient apres leurs dopes et je ne voulais surtout pas être assimilés a eux,je parle de ceux de ma ville( Marseille) etant de la génération suivante celle que tu dénigres en temps que triste et ennuyeux je peux te dire que j'ai bien profité de Londres et qu'il y avait une solidarité entre punk...Quand aux gars qui gerbent sur les 80's allez t'il a Londres en 76,77,78 ? je ne pense pas en 76 car c'était très fermé et confidentiel ,il reste donc 77 et 78 car en 79 la vague qu'ils débectent etait dejà là a jouer...Si être punk en France en 77 c'était aller au lycée et passer une semaine a Londres en vacaces et bien je préfère les 80's Ou tu squatté des mois en allant chercher ton Girobank et en bouffant du concert a gogo, a jouer a cahe cache dans le métro avec les controleurs,aller au punk-picnic,ouvrir des squats,rencontrer un tas de gens etc...Pas le temps d'être pathétique,triste et ennuyeux quand à la musique les 80's j'ecoutais autant du 77 que du 80 UK ou US pas sectaire...Quand on a entre 16 et 20 ans et qu'on en veux on s'éclate a toutes époques..

Chris Damned a dit…

Voilà bien le type de commentaires que j'espérais voir ici !!
Moi j'ai arrêté le bahut dés que j'ai eu l'âge légal. Pour voyager (un peu) c'est vrai mais surtout pour profiter de la vie vu que je ne savais surtout pas de quoi demain serait fait... Pas très riche à l'époque, en vivotant de petits boulots, en picolant beaucoup mais surtout à profiter de la vraie amitié ! et pas forcément avec les autres punks du coin, prêts à se déballonner au moindre coup de chaud ou mélangeant tout au niveau politique (ce que je décris dans mon article). Après, l'Angleterre j'y suis passé mais pour quoi ? Faire un pèlerinage ? Pfff ! Rien à battre ! Je n'ai jamais pensé qu'un punk ricain, anglais espagnol ou frenchy avait plus de crédit l'un que l'autre... tout était dans la démarche... Merci pour ton commentaire ! Quand même !!