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dimanche 13 juillet 2014

La Brune et Moi, instantané chébran ou réel engouement ?



Résumé: Film culte sorti dans l’anonymat en 1980, La Brune et Moi raconte la rencontre d’un important homme d’affaire (Pierre Clémenti) tombant amoureux d’une jeune et belle punkette. Bien décidé à faire d’elle une star, il décide de réunir les meilleurs musiciens de Paris.
A propos du film: 30ans après sa réalisation, ce film quasiment perdu vous permettra de retrouver le meilleur des groupes de l’époque comme Ici Paris, Astroflash (?), Edith Nylon…
Un film de Philippe Puicouyoul avec Pierre Clémenti et Anouschka… 


EDITH NYLON

Contre toute attente, je n'ai jamais vraiment aimé ce film, le trouvant trop axé sur un regard  parisiano-parisien (tête de chien) malgré la présence des DOGS (toujours en trio ici) ou de MARQUIS DE SADE. D'ailleurs, même avec un effort désespéré pour aimer le groupe EDITH NYLON au milieu des 80's peu de groupes présents ou effleurés dans ce film (si on escompte le sentimental TAXI-GIRL) ont vraiment attiré mon attention.Surement trop jeune quand tous ces groupes on surgit du néant... Surement trop vieux quand j'ai lorgné dessus...


 Taxi-Girl, plus que 3... R.I.P Pierre.
Le point commun ici pourrait être la dope, comme si sans dope, pas de punk... No Future obligatoire.
On ne fera pas de débat sur le sujet ici, chacun sa croix et pas de jugement. Je trouve juste dommage que certains soient partis très vite, sans prendre le temps de se retourner un peu... 
L'argument le plus probant à propos de ce film est qu'il reste une forme de témoignage sérieux d'une époque où tout pouvait basculer réellement... Mais le désir de pouvoir, le pognon, le désintérêt du grand public, la dope ont tout foiré... Musicalement, on est parfois loin du rock'n'roll, les synthés rentrant vite dans la danse des 80's qui se voulaient rassurantes. Mais bon, surement une question d'ambiance.
J'ai décidé de parler de ce film en lisant le super doc Punk festival Mont de Marsan 1976 & 1977 "Le massacre des bébés skaï" de Thierry Saltet chez Julie Editions
Super témoignage que je n'ai pas vécu car trop jeune (j'avais 9 ans en 1977 et je n'ai mordu  au punk qu'en 1981, drôle de symbole) où l'envie et le désir musical primait sur tout le reste. Cela n'a pas duré, que le dieu mainstream se rassure, tout le monde est bien vite rentré dans le rang. Dans ce film, on aperçoit une partie des LOU'S (THE QUESTIONS...) présentes au Festival Montois lors de la deuxième édition. D'ailleurs très longtemps j'ai cru qu'il n'y avait eu qu'une seule édition avec les groupes phares du moment THE CLASH, THE DAMNED, THE JAM  et autres EDDIE AND THE HOT RODS... (plus jeune, je ne connaissais pas les fameux GORILLAS, présents sur le premier festival)
Je vous conseille fortement ce livre, qui vous donnera des éléments sur ce film aussi. Faut savoir que je ne suis pas, pour des raisons très personnelles, fan de Festival en générale...
Le film présenté ici est tiré d'un rip de VHS (vraiment R.I.P pour le coup) et possède une meilleure qualité que le film que l'on trouve sur Youtube (avec plein de pubs en plus... ce qui n'arrivera jamais par ici) par exemple. Depuis, le film est sorti en DVD avec plein de bonus.


Et, puisqu'on évoque le Festival du Mont-de-Marsan, un livre plutôt photographique retraçant l'épopée vient lui aussi de sortir :


Et un reportage d'époque sur le festival...


Et un reportage plus intéressant (moins porté par la morale des gens bien pensants...) sur le festival soufflé par le très estimable Professor Beeb Hopo !
(visiter son blog demeure un accomplissement de soi, ouech !)

Mont de Marsan 77 avec les formidables MANIACS...

En complément, ou pour faire une comparaison, jetez un oeil sur Mona et Moi,  film mettant en vedette Johnny Thunders autour d'une histoire d'amour là aussi impossible.
La dope, est toujours présente... Mais avec Johnny, fallait pas s'attendre à autre chose.

LE FILM, bon visionnage...

Part 1 :

Part 2 :

Part 3 (fin) :


Buzy "Dyslexique"

dimanche 1 juillet 2012

Mona, Johnny et moi...




Pierre, jeune musicien sans le sou, tombe amoureux de Mona, une caissière sans véritable ambition. L’arrivée de Johnny Valentine, rock star planétaire, va bouleverser leur quotidien.

Part 1 :



Part 2 :


Part 3 :

Pierre vit dans un hangar désaffecté, avec sa guitare, Olivier et Ricky. Ils forment un groupe de rock et tentent de trouver les fonds nécessaires pour décoller. Ca en jète, comme ça ; mais ils n’ont aucune classe. Rien à voir avec le cliché jouissif du rocker habité et impénétrable, toujours sur le fil du rasoir, qui en bave pour hurler à la face du monde ce qui lui donne la force de survivre. Non, ce sont juste trois jeunes rigolos qui passent le temps comme ils le peuvent, entre sexe, drogue, et un peu de musique. Et quelque part, tant mieux. Ras le bol des héros qui, de toute manière, finissent tous par mourir d’une overdose. Grandperret met en scène la banalité, et même pire, l’ersatz du génie. Triste sort, poignante utopie.
Mona. Mona est un ange. Descendue du ciel par hasard, sans prévenir. Elle plane et atterrit dans les bras de Pierre, encore trop humain pour être pleinement conscient du don qui vient de lui être fait. Mona est une présence, une entité étrangement proche du vent qui la guide et l’oriente, toujours insaisissable, toujours imprévisible. Candide et naïve, elle se frotte pour la première fois aux réalités terrestres, de prim’abord séduisantes, puis touche aux émotions ; effrayée par l’animal, excitée par le corps, inquiétée par la décadence, intriguée par le héros. Par Johnny.
Johnny Thunders. L’homme à la peau blanche comme la neige et aux cheveux noirs comme l’ébène. Fragile et terriblement intense, comme en dehors, en dehors des préoccupations qui agitent tout Etre normalement constitué ; mais lui a plus de rock que de sang dans le coeur et laissera une guitare en guise de testament. C’est Pierre et ses potes qui vont devoir recueillir les fonds nécessaires et organiser le prochain concert du charismatique icône, malgré lui adulé aux quatre coins de la planète. Peut-être parce que les extrêmes s’attirent, peut-être parce que Johnny se sent plus proche de Mona que de quiconque d’autre. Il y aurait comme une once de similarité, d’électricité dans l’air. Toujours est-il que le hangar, autrefois modeste hammam de la sympathique médiocrité, se mue aujourd’hui en une sorte de repère, de cocon à l’intérieur duquel seule la transcendance compte.
Transcendance cinématographique. Johnny et Mona décollent, comme prévu. Quoi de plus logique ? Le hangar s’est timidement dérobé à la vue du sable fin, à la vue de la mer donnant sur l’infini. Pour la première fois, Mona est nue. Auparavant partiellement recouverte d’un léger drap ne dévoilant qu’une partie de ses seins, aux côtés de Pierre, mais aujourd’hui sans défense, à la mercie de la moindre désillusion. Auparavant encore craintive, comme entre deux mondes, mais aujourd’hui libérée de toute appréhension aux côtés de Johnny. Entre entités.
De l’autre côté de la frontière, c’est l’asphyxie, douce et lente. Pierre, Olivier et Ricky n’amusent plus personne, pas même ceux qui se trouvent derrière leur petit écran. Les dieux s’en sont allés et rien ne peut plus entraver l’ascension de la médiocrité. La chute est brutale, ce qui n’empêche pas la mise en abîme d’être terriblement audacieuse.
Peu importent les drogues. Ces trois garçons sentent bien ce qui est en train de se produire. La perte de sens, la perte d’ambition, de consistance. Alors Pierre se lève, et marche, mais ne se rend pas compte qu’il tourne en rond. Car dans le train qui l’emmènera certes au-delà du hangar, mais jamais en dehors du cercle qu’il ne dépassera de toute manière jamais, il ne peut se raccrocher qu’au fantasme. Ainsi embrasse-t-il Mona, sur le ponton, dos à la mer. Ainsi joue-t-il à l’équilibriste, sur son monocycle, une trompette à la main. Ainsi ne fait-il que trouver un échappatoire à sa triste condition d’humain, qui l’empêche d’accéder à ses rêves. Avec toujours en fond, comme omniscientes, la voix et les vibrations de Johnny Thunders. "I was born to cry".
"Moi c’que j’aime bien, c’est quand justement tu frôles, quand tu frôles. C’est limite tu vois, t’es au bord du précipice et puis hop, tu te rattrapes. Comme Buster Keaton. C’est être au bord, juste à la limite de tomber, et puis à un moment tu sais que t’as une limite à pas dépasser, et si tu la dépasses tu tombes." Pierre, à propos de Johnny, sous les yeux toujours curieux de Mona. Et lorsque l’ange noir, au milieu d’un concert transcendant, pose les yeux sur la caméra, c’est l’objet cinématographique qui s’envole et touche à la vérité.

J'adore ce film car il représente bien ce qu'était le punk rock en France pour moi dans les 80's. Des rencontres, des expériences, beaucoup de musique et d'abime de soi...
Pas forcément un look étudié mais plutôt un état d'esprit, frondeur, révolté.
Des potes, des copines à qui on ose pas avouer son amour, love kills, une sorte d'errance et de bohème dérisoire qui a pu mettre en danger ou faire disparaître certains êtres chers.
A noter, l'apparition furtive d'Helno, futur chanteur des négresses vertes, en client potentiel de produits... Et puis cette musique de Johnny, intemporelle et immortelle.